
La France se félicite du bon déroulement des élections législatives libanaises, tel qu’attesté par les observateurs internationaux, notamment ceux de l’Union européenne.
Elle salue le travail remarquable des autorités libanaises et le sens des responsabilités des formations politiques et du peuple libanais, sans lesquels ces élections n’auraient pu se tenir dans des conditions satisfaisantes. Ce scrutin, marqué par une participation élevée, illustre la vitalité de la démocratie libanaise.
La France, amie de tous les Libanais, souhaite que le climat de dialogue qui a prévalu depuis un an se maintienne, dans l’intérêt de la stabilité et de l’unité du Liban tout entier.
La France fait confiance au Président Sleimane, garant des institutions et de la stabilité du pays, pour que soit formé, dans les meilleurs délais et conformément à la constitution, un nouveau gouvernement qui réponde aux attentes des Libanais et engage le pays sur la voie des réformes auxquelles ils aspirent.
La France rend hommage à l’action du Premier ministre Fouad Siniora depuis 2005 au service des Libanais. Fidèle à ses principes, elle continuera à apporter un soutien indéfectible au Liban dans l’indispensable renforcement de l’autorité de l’Etat et de ses institutions, notamment son armée. Elle continuera également à appuyer les autorités libanaises dans la nécessaire mise en œuvre des réformes économiques, dans leur refus de l’impunité et la nécessaire coopération avec le Tribunal spécial.

La France, contributeur important à la FINUL, demeure pleinement engagée en faveur du renforcement de l’unité, de l’indépendance, de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la stabilité du pays conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, en particulier la résolution 1701.
La coalition sortante antisyrienne, soutenue par les Occidentaux, a finalement réussi à conserver sa majorité lors des législatives de dimanche. Les résultats officiels, annoncés lundi, portent un coup dur au Parti de Dieu chiite et ses alliés, avec le risque d'ouvrir une nouvelle période de crise au pays du Cèdre.
La victoire de la coalition emmenée par Saad Hariri, fils de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, assassiné dans un sanglant attentat en 2005, avait déjà été largement célébrée dans les rues, à coups de klaxons et de feux d'artifices, plusieurs heures avant l'annonce officielle.
Selon les résultats officiels dans les 26 circonscription annoncés par le ministre de l'Intérieur Ziad Baroud, la coalition antisyrienne a remporté 68 des 128 sièges du Parlement libanais, contre 57 pour l'alliance du Hezbollah et Amal, qui étaient associés au parti chrétien de Michel Aoun. Trois sièges vont à des députés indépendants, pour un rapport de forces largement inchangé par rapport à la législature sortante, laissant augurer la poursuite des mêmes problèmes.
La participation a atteint environ 52,3%, en hausse par rapport aux 45,8% de 2005.
"Nous sommes à l'aube d'une nouvelle étape", a déclaré le Premier ministre Fouad Siniora devant la presse après la victoire de sa coalition. "Nous devons essayer de comprendre les changements à venir pour notre pays et la région et s'y préparer."

Le président américain Barack Obama, qui avait prononcé la semaine dernière au Caire un grand discours au monde musulman à l'université du Caire, a félicité le peuple libanais pour son "courage" et "la force de son engagement envers la démocratie", sans mentionner le Hezbollah, que les Etats-Unis considèrent comme une organisation terroriste.
La défaite du Hezbollah dissipe une source d'inquiétude pour l'administration américaine, au moment où elle s'engage concrètement dans le processus de paix au Moyen-Orient, avec l'envoi de l'émissaire George Mitchell dans la région dans les prochains jours.
Une victoire du parti chiite signifiait un renforcement de l'influence de ses soutiens, la Syrie et l'Iran, risquant d'isoler le Liban et le pousser vers une nouvelle confrontation avec son voisin israélien après la guerre de 2006. Après l'enlèvement de deux soldats israéliens par les militants chiites, Israël avait lancé durant l'été une offensive contre le Hezbollah, sans parvenir à neutraliser les militants chiites.
L'Etat hébreu, qui redoutait une victoire de ses ennemis du Parti de Dieu, a salué avec prudence le résultat des législatives. "Il y a une élection au Liban et le camp modéré a gagné. C'est un signe tout à fait positif", a reconnu le ministre de la Défense Ehoud Barak. Mais ce qui comptera vraiment, a-t-il souligné, c'est "essentiellement la capacitié du gouvernement à maintenir l'ordre et empêcher le Hezbollah de continuer ses actions militaires au Liban-Sud et dans tout le Liban".

La France, "amie de tous les Libanais", a souhaité de son côté que le climat de dialogue qui a prévalu depuis un an se maintienne, dans l'intérêt de la stabilité et de l'unité du Liban tout entier", selon le ministère des Affaires étrangères. Le Quai d'Orsay a exprimé la confiance de Paris dans le président Michel Sleimane, "pour que soit formé, dans les meilleurs délais et conformément à la Constitution, un nouveau gouvernement qui réponde aux attentes des Libanais et engage le pays sur la voie des réformes auxquelles ils aspirent".
A la veille du scrutin, le cardinal Nasrallah Sfeir, influent chef de l'Eglise catholique maronite, avait lancé un appel de dernière minute aux électeurs, mettant en garde contre une tentative pour changer l'essence du Liban et son identité arabe, une allusion claire au Hezbollah et son soutien iranien.
Le Hezbollah, renforcé par la guerre de 2006 contre Israël, avait provoqué une crise politique en 2007-2008 en exigeant un droit de véto sur les décisions du gouvernement. Le bras de fer avait dégénéré en bataille de rues, ranimant le spectre de la guerre civile. L'accord de sortie de crise avait donné au Hezbollah gain de cause.
Cette fois, les partis pro-occidentaux avaient promis de ne pas donner de minorité de blocage au Parti de Dieu s'ils gagnaient, arguant que ce dispositif paralysait l'action de l'exécutif. Saad Hariri a toutefois assuré qu'il tendait la main aux perdants pour travailler ensemble. Faute d'un accord sur le partage du pouvoir, le Liban risque en effet de replonger dans la crise. Le président Michel Sleimane avait d'ailleurs espéré un gouvernement d'unité nationale.